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Corbeau des mers
Au sein d’une scénographie entièrement renouvelée, le Musée de la Résistance en Bretagne vous fait découvrir près de 1000 objets de collection. Armes, véhicules, mais aussi tunique et veste de déporté ou objets du quotidien… Ils ont tous été soigneusement choisis pour l’émotion ou l’Histoire qu’ils véhiculent. Régulièrement, nous mettrons en avant ici, 3 d’entre eux…
Corbeau des mers vue 2
Flotille Langoustiers Corbeau des mers

Le Corbeau des mers : Les voiles de la France Libre

« Corbeau des mers » figure parmi les collections emblématiques du musée de la Résistance en Bretagne de Saint Marcel.

Ce voilier est associé à un évènement fondateur de la Résistance en Bretagne : le ralliement à la France Libre des marins de l’île de Sein quelques jours après l’« appel du 18 juin » lancé par le général de Gaulle. C’est le dernier bateau à flot, témoin de cette épopée.

Histoire : Cotre ponté camarétois à vivier de 11,45 de long et 3,75 de large, ce voilier sort en 1931 du chantier naval Belbéoc’h de Morgat. Il est acheté et exploité par Pierre Cuillandre, patron pêcheur sur l’Île de Sein, qui le baptise « Corbeau des mers », nom usuel du cormoran. Il est principalement utilisé pour la pêche à la langouste en mer d’Iroise mais c’est pour une toute autre raison qu’il entre dans l’histoire dans les premiers jours de l’été 1940 :

Le 17 juin 1940, l’armée allemande pénètre en Bretagne par Fougères. Le 18, elle est à Rennes, le lendemain à Brest. La Kriegsmarine prend possession des ports de Saint-Nazaire, Lorient et Brest, bases hautement stratégiques. Pour la première fois depuis son rattachement à la France, la Bretagne est entièrement occupée. Sur l’île de Sein, qui reste un îlot provisoire de liberté avant l’arrivée des troupes allemandes, on se rassemble autour des postes TSF pour écouter l’appel lancé depuis Londres sur les ondes de la BBC par le général de Gaulle le 18 juin et les jours suivants. Refusant de se résigner, 135 marins Sénans décident alors de rallier les côtes anglaises pour reprendre le combat. Six bateaux quittent l’île entre le 19 et le 26 juin pour rejoindre ce qui deviendra la France Libre. Le « Corbeau des mers » est le dernier à prendre la mer, dans la nuit du 26 juin, avec 20 marins à son bord.

Réunissant au début juillet 1940 à Londres les 400 premiers volontaires français l’ayant rejoint, le général de Gaulle prononce ces mots restés célèbres « l’île de Sein est donc le quart de la France ! ». Il nommera l’île « Compagnon de la Libération » le 1er janvier 1946 et viendra lui remettre la Croix de la Libération le 30 août avec la citation suivante : « Devant l’invasion ennemie, s’est refusée à abandonner le champ de bataille qui était le sien : la mer. A envoyé tous ses enfants au combat sous le pavillon de la France Libre devenant ainsi l’exemple et le symbole de la Bretagne tout entière. »

Le plus jeune parmi ces 128 Français Libres de l’île de Sein avait 14 ans et le plus vieux 54 ans. Ils ont, à un moment difficile de notre histoire, choisi la Résistance et incarné l’honneur de la France. 22 d’entre eux ne sont pas rentrés. Ils ont donné leur vie pour notre Liberté. Le « Corbeau des mers» est le dernier bateau à flot témoin de cette épopée.Le Corbeau des mers est acheté en 1982 par le musée de la Résistance bretonne. Après une importante restauration entre 1987 et 1988, il est classé au titre des monuments historiques, par arrêté du ministre de la culture et de la communication, le 28 octobre 1991. Aujourd’hui, le Corbeau des mers est amarré dans le port de Vannes et 47° Nautik vous embarque à son bord afin de découvrir les joies de la navigation sur le Golfe du Morbihan.

Jeep US Willys
Don de Jean Nivès

Vannes, 5 août 1944, l’arrivée des Libérateurs

Jean Nivès n’a pas 18 ans lorsqu’il assiste à l’arrivée des Américains de l’Armée Patton qui entrent dans Vannes le 5 août 1944. Ils sont accueillis par une foule en liesse qui fête ses libérateurs. Jean est là, curieux et enthousiaste. Il s’approche d’une Jeep, véhicule «à tout faire» de l’armée US, qu’il découvre pour la première fois et qui le fascine. Le conducteur, un jeune GI à peine plus âgé que lui, remarque tout l’intérêt de Jean pour son véhicule. Ils ne parlent pas la même langue mais ils parviennent à se comprendre et le soldat américain ouvre son capot pour lui permettre d’admirer la mécanique de sa Jeep.

Jean Nivès se souviendra de cette belle rencontre toute sa vie. Il s’était promis ce jour-là de s’offrir un véhicule identique dès qu’il en aurait la possibilité. Quelques années plus tard, après avoir créé sa société de transport routier, Jean Nivès sera fidèle à cette promesse et fera l’acquisition de cette superbe Jeep Willys. Il en fera don au musée de la Résistance bretonne de Saint-Marcel. Pour que les jeunes générations n’oublient pas.

Jeep US Willys ITM type MB. Don Jean Nivès, généreux bienfaiteur du musée-2019

Jeep Jean Nivas
Robe de mariée en toile

Robe de mariée en toile de parachute de Mme Gilberte Savournin

« Hiver 1944, ma tante fait partie des équipes de la Croix Rouge de Belgique. Elle soigne des militaires blessés et a certainement des contacts avec leurs camarades. Elle a dû remarquer un certain Henri qui lui avait promis de revenir après la guerre. Y croyait-elle ? Toujours est-il qu’il est revenu pour son plus grand bonheur. Et aussi le nôtre car c’était un homme adorable. Ils se sont mariés à Bertrix (province du Luxembourg, en Belgique) le 23 mai 1946. […] Détail “piquant” : c’est ma tante qui a cousu elle-même la robe de mariée.»
Roger Françis, neveu de Gilberte Savournin

Engagé comme radio dans les forces aériennes Française Libres, le caporal Henri Savournin est parachuté en Bretagne dans la nuit du 10 au 11 juillet 1944 à proximité de Persquen. Son équipe « Pierre 7 » est chargée d’encadrer les maquis du 5° Bataillon FFI et du 2° bataillon FTP dans le secteur de Guéméné-Le Faouët-Gourin et de mettre sur pied un réseau de renseignement. Il continue le combat pour la Libération du territoire Français et s’illustre dans les Ardennes puis en Hollande.

Cette robe de mariée confectionnée avec de la toile de parachute est celle de son épouse. Il s’agit d’un objet témoin qui résume à lui seul de nombreux aspects de la Résistance et de la Libération. Il symbolise toute l’importance pour le couple Savournin de l’étoffe utilisée pour confectionner cette robe : la toile de parachute évoque l’action des paras SAS de la France Libre qui ont donné le « coup d’envoi » de la Libération du territoire national dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.

Mais cette robe signifie surtout que la vie reprend ses droits après la Libération, que les couples font à nouveau des projets d’avenir et envisagent de reprendre avec confiance le fil d’une existence bouleversée par 4 années de guerre.

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